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Barre des Ecrins par le couloir de Barre Noire
Guillaume veut faire un 4000 pour ses 40 ans. La Barre des Ecrins nous tente tous les deux et bien entendue sans même s'être concerté on a déjà choisi par où la faire !
Selon la gardienne des Ecrins celui-ci n'a pas encore été fait cette année, il semblerait qu'il y ait pas mal de glace et que le bombé pour rejoindre l'arête est peu praticable. Peu importe on a le moral et les mollets affutés (pensons-nous)!
Bien déterminé départ à 3H50 pour 50 minutes de marche d'approche jusqu'au pied du couloir. L'approche est tous ce qu'il y a de plus cool, plat, pas crevassée et court. Le pied du couloir est assez avenant, plutôt large, mais en neige bêton.
Après quelques péripéties avant l'attaque et une préparation bien trop longue c'est parti pour le couloir :)
La rimaye se passe plutôt bien et réclame un tout petit coup de cul.
On avance à bon rythme et on rencontre déjà quelques passages en glace. A la moitié du couloir on décide de prendre à gauche d'un rognon rocheux, la partie de droite semblant être toute en glace bien dure.
15 mètres plus haut c'est le même topo de ce côté ci et il faut commencer à brocher. Plus de munitions 40 mètres sous la sortie et les mollets chaud, Guillaume prend le relais pour un finish en corde tendue.
L'arrivée à la brèche (3661m) fait bien plaisir. Redécouverte du soleil, content d'avoir déjà sortit ce bon morceau. Le couloir nous aura pris 1H50.
On se pose pas plus de 5-10 minutes car il fait en fait bien froid, il y a du vent et mine de rien on est sûrement un peu mouillé à l'intérieur.
L'approche jusqu'au pied de l'arête se déroule très bien, le bombé qui semblait délicat est en faite une courte section de 60 mètres en glace à 45°.
On attaque la pente pour rejoindre l'arête. Ici c'est pas terrible : fine couche de neige inconsistante posé sur de la glace noire.
La progression réclame beaucoup de prudence. J'engage une traversée à droite pour rejoindre le pied de la goulotte cheminée. Arrivé ici il se trouve qu'il est en faite impossible de brocher, la glace est bien trop dure. La broche amorce, tourne, puis.... la glace pète à chaque coup.
Après moults essais c'est la réorganisation. Engager en glace la cheminée sur encore une dizaine de mètres ? Sûrement pas. Guillaume monte dans l'axe à gauche et parvient à protéger ici, mi-glace, mi-rocher. Je le rejoins et il enchaîne avec merveille cette longueur bien délicate jusqu'à être 15 mètres sous l'arête.
On commence à accuser le coup de la fatigue et de l'altitude. On est en train de faire joujou à plus de 3700m depuis un bon bout de temps. Heureusement la suite est plus débonnaire même si elle réclame là encore beaucoup de prudence. C'est sans fin escalade, redescente, traversée, rocher péteux et le tout sur la plupart du temps de la neige très inconsistante. Heureusement on trouve -parfois- de bons emplacements pour se protéger.
L'arrivée au sommet nous fait grandement plaisir, cette arête semblait interminable! Là-haut on retrouve l'envol (qui ne tardera pas à s'envoler quelques semaines plus tard). 3H30 pour l'arête ! On fait une petite pause, mangeons un bout et attaquons la descente.
La course est loin d'être fini et la descente demande beaucoup de manoeuvres. Environ une heure après on fait nos deux rappels pour récupérer la voie normale. Puis suivons la trace en essayant de se protéger du mieux possible de la chute probable des séracs...
A sec d'eau, la fin de la descente est davantage un calvaire. C'est avec réconfort qu'on rejoint le glacier puis le refuge où le plus gros réconfort sera de boire! Nous sommes au refuge à 15H. Soit environ 4H pour la descente.
Là-bas très heureux d'être allé si haut par un si bel itinéraire sur un si beau sommet! On décide de dormir ici pour ne pas achever nos genoux, on se sent utile en conseillant des candidats probable et pouvons continuer à rêvasser à d'autres lignes de ce type...
Horaires : 7H pour le sommet. 11H refuge à refuge. 1100mètres de dénivelés.
traversée des aretes de la vanoise
Le couloir des italiens
Cette fois ça y est, le couloir des italiens, à la grande Casse, 700 mètres de toboggan entre 50 et 60°, est ma portée.... 30 ans que je rêve sur le topo de cette face glacée.
Un bon partenaire, Hugues de notre groupe alpi13, des conditions de regel au top, du beau temps annoncé le matin...tout y est et yaplusqua....
les conditions sont bonnes, nous avons entendu le réveil de 2H, démarrés tranquils du refuge à 2h40.
Avec Hugues, on ne traine pas...accélération sur le glacier, on est col de la grande casse (3100M) en deux heures.
on traverse la face à l'horizontale, elle est zébrée d'immenses couloirs goulottés...il faut faire vite pour être le moins longtemps exposé aux chutes de sérac.
on attaque le raide avec le lever du soleil...ca se redresse très vite...une cordée de jeunes grenoblois se la joue fusée...
a mi pente...on se pose quelques minutes...les cuissaux chauffent
Fanny et Guillaume dans la petite face nord (AD) et nous en pleine glace
L'albaron par la bande
notre semaine a bien débuté et l' Albaron nous tend les bras pour notre deuxième course...
C'est une course longue à l'itinéraire évident.
levés à 3H, on décolle 1 heure plus tard. La traversée du plan des Evettes est avalée en une heure, on arrive au lever du soleil au pied des bandes de neige permettant d'accéder au plateau glaciaire.
ca monte pas mal
du plateau glaciaire (3000M), on aperçoit une bande de neige qui nous permettrait d'accéder directement à la calotte supérieure., le regel est mauvais mais on se dit que ça va être plus sympa....et plus raide.
a y ai ....on arrive...Angie est rincée !!! mais pas qu'elle !!
finalement, notre voie, que nous cotons AD (II, 50°) certainement déjà parcourue, permet une magnifique traversée de l'Albaron, hors des sentiers battus.
Pic Régaud - Arête Nord
Pour se reposer de la course de la veille, et pour ne pas refaire une course de neige, on décide avec Guillaume de partir sur le Pic Régaud, superbe Pic qui en impose sur le cirque vu du refuge !
L'attaque se fait à partir du col de l'Ouille du Midi. Pour ne pas se perdre la nuit, on décide de faire une petite reconnaissance la veille, celle-ci ne nous présage rien de bon puisqu'on ne trouve pas la sente menant au col. Bref tant pis on verra bien c'est l'heure de manger !
Le lendemain matin départ 4H40, au final on trouve très bien l'accès au col au feeling, nécessitant un petit passage de névé, et entamant bien les mollets!
Au col à 6H, y'a plus qu'à !
Après une petite traversée jusqu'à l'attaque, on va enfin pouvoir grimper un peu ! Un gentil dièdre en 4 nous conduit au prochain ressaut. Hésitation d'itinéraire on contourne par la gauche dans un rocher exécrable pour finalement être au pied du troisième ressaut.
A droite une dalle (humide) barré par un bon gros névé, après hésitation, tentative de traversée très expo, on décide de continuer bien sur le fil pour rejoindre par la suite le mur.
J'attaque cette "variante" non sans crainte vu la qualité douteuse du rocher. Finalement ça se protège très bien, ne dépasse pas le III sup, et nécessite de grimper sur des oeufs au risque de tout faire partir.
Prise de pied sur une gentille petite vire. Pendant que Guillaume me rejoint un sérac gronde sur le cirque à ma droite. En regardant bien on voit la coulée sur la photo.
Devant nous un joli mur qui doit faire une cinquantaine de mètre, pas mal de fissures barre la face et il y a possibilités de passer un peu n'importe où. Guillaume a envie de se faire plaisir et décide de remonter une fissure en diagonale sur la gauche.
En milieu de longueur je vois Guillaume hésiter longuement, monter, descendre, rofl c'est expo ! Je commence à me les cailler en bas quand il s'engage jusqu'au bout dans le passage, ouf il est sorti. Relais!
Arrivé à mon tour à ce passage, les doigts bien congelés, je me rends bien compte du pourquoi ! Il faut serrer des petites arquées et faire un pas en traversée, en grosses, avec une bonne humidité ambiante. C'est assez ignoble et le pas vaut bien du 5a. Joli coup Guillaume!
La sortie est tout proche, plus qu'une jolie petite dalle à franchir, pour finir en corde tendu sur l'arête jusqu'au sommet. 11H
On croyait en avoir fini, mais la suite n'est pas très engageante !
Descente d'un couloir de neige à 45° voir plus, bien long et bien galère. Je suis pas loin de me ramasser à deux reprises mais la main ferme de Guillaume me remet dans le droit chemin !
Le but était de rejoindre la vire Régaud pour rejoindre le refuge, finalement on ne trouve aucun cairn et la descente est assez compliqué. Nécessite de louvoyer pas mal dans du mauvais rocher !
Finalement on se trouve sur ce que l'on croit être la vire Régaud, bien expo, nécessitant une nouvelle fois de marcher sur des oeufs. On se rend compte à la fin de la traversée que la vire était au-dessus de nous... On rejoint le pierrier des Evettes bien content et on se fait une bonne descente alternant pierrier et névé suivant les envies :)
La descente nous aura finalement pris 3 heures, soit quasiment autant que les difficultés de la course... C'était néanmoins très sympa et très formateur !
Petite Ciamarella 3549m Voie de gauche
Pour commencer notre semaine d'alpinisme, un sommet en face nord, permettant à deux cordées d'utiliser une voie AD- (la voie de gauche) et une voie en AD pour Fany et Hugues (Face N directe).
Rémy ne résistera pas à nous guider vers une variante permettent de récupérer la fin de la face N directe, par une belle pente de neige à 45°.
Rassemblés pour un pic-nic express, le retour se fera par la voie normale







